Esprit en Élan · Science

Les séniors peuvent apprendre plus vite que les jeunes. La science dit pourquoi.

C'est l'idée reçue la plus dommageable sur l'apprentissage : passé un certain âge, le cerveau ne pourrait plus vraiment apprendre. Les neurosciences des 20 dernières années démontrent exactement le contraire.

La neuroplasticité n'a pas de date d'expiration

La neuroplasticité, la capacité du cerveau à se réorganiser, créer de nouvelles connexions et s'adapter, était autrefois supposée s'arrêter à l'âge adulte. Les travaux de Michael Merzenich (Université de Californie San Francisco) et de ses collègues ont mis fin à cette croyance.

En 2013, une méta-analyse portant sur 89 études distinctes a confirmé que la plasticité cérébrale se maintient tout au long de la vie. Elle diminue en vitesse de traitement avec l'âge, mais elle est compensée par des avantages considérables que les jeunes cerveaux n'ont pas encore.

"Le cerveau adulte et sénior dispose d'une richesse de connexions et d'associations que le cerveau jeune n'a pas encore construite. C'est un avantage considérable pour l'apprentissage en profondeur."
Michael Merzenich, UCSF, Soft-Wired, 2013

Les avantages du cerveau mature

1. La mémoire sémantique s'enrichit avec l'âge. Contrairement à la mémoire épisodique (souvenirs d'événements), la mémoire sémantique, la connaissance du monde, continue de croître jusqu'à la 7e décennie. C'est pourquoi les experts âgés surpassent souvent les jeunes dans les tâches complexes de leur domaine.

2. La pensée intégrative est supérieure. Monika Ardelt (Université de Floride) a montré que la sagesse, la capacité à intégrer expériences, émotions et réflexion, se développe avec l'âge et facilite les apprentissages complexes.

3. La motivation intrinsèque est plus forte. Quand on apprend par choix et non par obligation, la rétention est significativement meilleure. La plupart des séniors apprennent par désir authentique, pas par contrainte externe.

Pourquoi certains séniors ont l'impression de "ne plus pouvoir apprendre"

Ce n'est pas un problème biologique. C'est un problème de méthode et d'entraînement. Le cerveau fonctionne comme un muscle : ce qu'on n'utilise pas s'atrophie. Des années sans apprentissage actif réduisent les performances cognitives, mais ce processus est largement réversible avec le bon entraînement.

Des études montrent qu'un programme d'entraînement cognitif ciblé de 8 à 10 semaines peut restaurer des performances de mémoire comparables à celles d'une personne 25 ans plus jeune.

Sources

Merzenich, M. (2013). Soft-Wired: How the New Science of Brain Plasticity Can Change Your Life. Parnassus Publishing.

Ardelt, M. (2004). Wisdom as Expert Knowledge System. Human Development, 47(5).

Schaie, K.W. (1996). Intellectual Development in Adulthood. Cambridge University Press.

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